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Retours sur le Fuji X-t1 par David Kulak
11 Mai

2015

Retours sur le Fuji X-t1 par David Kulak

Bonjour à tous,
voici un retour sur le Fuji XT1  d’une grande pertinence par David Kulak, Merci encore David pour la qualité de ton retour. Je pense qu’il peut conforter une partie des photographes sur une alternative au reflex. Je vous invite donc à lire ce petit résumé de David Kulak si vous êtes en questionnement d’un compagnon de voyage….. A bientôt chez A2photo

A l’époque où nos ordinateurs portables, nos tablettes et nos téléphones deviennent de plus en plus fins et où la miniaturisation permet de faire rentrer GPS, cardiofréquencemètre, accéléromètre et écran tactile dans une montre, nos bons vieux reflex numériques restent toujours aussi lourds et encombrants.

Quand les deux géants Canon et Nikon semblent s’entendre cordialement pour ne pas en faire trop (et ne pas bousculer le marché), des acteurs comme FujiFilm, Sony ou Olympus tentent de faire bouger les choses en proposant des boitiers réellement innovants et apportant une vraie réponse au problème d’encombrement.

Ce retour n’est basé que sur mon opinion, mes besoins et envies personnelles, il n’est en aucun cas la réponse ultime et c’est à chacun de trouver l’outil qui lui correspondra.

Je suis photographe professionnel de mode, beauté, portrait et mariage et j’ai toujours cru que l’appareil le plus performant était le plus gros, le plus lourd et le plus imposant. Le marché de la photo m’avait jusque là donné raison et c’est pourquoi je suis équipé d’un Nikon D4 comme boitier principal.

J’en suis extrêmement satisfait et j’ai en lui une confiance sans faille, notamment en mariage où son autofocus, sa sensibilité, sa tropicalisation et la qualité de ses photos ne m’ont jamais déçus. Je dois en revanche avouer une chose : autant en studio ça ne me dérange pas, par contre après une grosse journée de mariage, le poids d’un boitier monobloc et des optiques qui vont avec pèse lourd et on finit par accuser le coup.

L’élément déclencheur fut mon trek en Islande et même si la BlackRapid m’a soulagé, le poids et l’encombrement de tout cet attirail deviennent gênants en voyage où chaque cm3 et chaque gramme comptent. Une fois le D4 et le 24-70mm dans mon sac de randonnée il restait très peu de place pour une bouteille d’eau, un pantalon de pluie ou un nécessaire de sécurité.

C’est à ce moment là que je me suis dit : est-ce bien nécessaire d’avoir un boitier pareil pour faire de jolies photos ?

Je vous passerai le détail de mes heures de recherches sur internet et vous parlerai directement du Fuji X-T1 sur lequel j’ai jeté mon dévolu. On ne va pas tout revoir en détail, il y’a déjà beaucoup de très bons articles sur internet, je vous parlerai juste de mon point de vue sur les éléments qui font le plus débat sur ce boitier : la taille, le viseur et l’autonomie.

Un problème … de taille

Nikon D4 vs Fujifilm X-T1

Venant d’un D4, le X-T1 semble être un jouet pour enfant et pourtant une fois en main le boitier en alliage de magnésium semble tout aussi solide que le D4. On gagne en revanche énormément en encombrement et en poids (un Nikon D4 boitier nu pèse 1340g contre 440g contre le Fuji X-T1). Cette réduction apporte des avantages mais aussi des inconvénients. Les photographes avec de grandes mains seront surement un peu perdus au début car toutes les molettes et boutons sont petits et rapprochés. De mon coté, en faisant preuve de précision pendant le réglage, je m’y suis habitué.

Personnellement j’ai trouvé qu’en plus d’apporter un coté rétro qui ne manque pas de charme, les molettes sont pratiques car elles reprennent les paramètres les plus courants : sensibilité, vitesse et compensation d’exposition. L’ouverture me direz-vous ? Et bien elle se règle au niveau de l’objectif, comme au bon vieux temps, il faut un petit temps d’adaptation pour s’y (re)faire.

En revanche je pense que dans le feu de l’action on perd un peu en vitesse pour les réglages, il n’est pas évident quand on a l’oeil dans le viseur de jouer avec les molettes quand on peut tout régler à deux doigts sur un réflex.

Un viseur … aux hormones

C’est surement le plus gros changement quand on vient du monde reflex et il faut avouer que passer d’un viseur optique à un viseur électronique est très déroutant. La dynamique est forcément beaucoup moins bonne sur un viseur électronique, du grain apparait en basse luminosité et ce n’est pas du temps réel comme sur un viseur optique. Mais si on réfléchit bien, certains de ces défauts sont en fait des qualités.

  • La dynamique ? Elle est effectivement moins bonne que sur un viseur optique ou la vision de notre œil. En revanche elle reflète exactement ce que vous obtenez une fois que vous déclenchez. Plus de mauvaises surprises ou de mauvais calculs, ce que vous voyez c’est grosso-modo ce que vous aurez.
  • Le grain ? Oui en effet on voit du grain en conditions extrêmes, alors que dans un viseur optique on ne voit … rien. La montée en sensibilité qui se fait lors de la visée en milieu sombre permet de mieux composer son image en discernant des zones sombres qui apparaîtraient noires dans un viseur optique.
  • La latence ? Certes ce n’est pas du temps réel, sur le viseur du Fuji il y a une latence de 0,005 secondes. Mais très franchement c’est presque impossible à distinguer et personnellement ça ne me gêne pas du tout.

Et on n’y pense pas au premier abord mais un viseur électronique, en tout cas celui du X-T1 possède de sérieux atouts :

  • Après avoir déclenché, la photo apparait dans le viseur, on voit tout de suite le rendu sans avoir à enlever son oeil du viseur et sans casser le rythme de la prise de vue.
  • Lors d’une mise au point manuelle il y a des options d’assistance qui permettent de faire le point très finement en grossissant par exemple à 100 ou 200%, c’est tout bonnement impossible à faire sur un reflex car on doit se contenter de ce qu’on voit dans le viseur.
  • Le viseur permet d’afficher des éléments supplémentaires comme un horizon virtuel, un histogramme, une estimation de la profondeur de champ, sans compter le fait que toutes les infos basculent selon que l’on soit en mode portrait ou paysage, etc … Au final des petits outils auxquels ont finit par s’habituer et qui viendraient presque à manquer quand on revient sur un viseur optique.

Viseur Fujifilm X-T1

Manque de … jus

Si la miniaturisation du boitier est en règle générale plutôt un bon point, il y a quand même un petit soucis : si tout est plus petit, la batterie l’est aussi. C’est donc normal qu’elle soit de moindre capacité, ce qui a forcément un impact sur l’autonomie. C’est donc un point faible pour le Fuji X-T1 par rapport à beaucoup de reflex, d’autant plus à cause du viseur électronique qui forcément va solliciter encore un peu plus la batterie.

Il y a quand même de quoi gagner pas mal en autonomie en changeant le mode d’affichage : il faudra faire en sorte que l’écran arrière ne s’allume qu’en mode visualisation d’image et que le viseur ne s’allume que quand on y place son oeil grâce au capteur de proximité en bas du viseur. J’ai pu de cette manière atteindre les 400 déclenchements sur une batterie, ce qui est mieux que les 250 annoncés par Fuji.

Il faudra donc prévoir des batteries supplémentaires, mais une quarantaine d’euros face à plus de 100€ pour une batterie de D4, on peux l’envisager. Et petit détail très appréciable pour un voyage : il existe des chargeurs allume-cigare et USB pour les batteries du Fuji alors que rien n’existe pour celles du D4.

Comparaison entre la batterie du Nikon D4 et cette du Fujifilm X-T1

Fuji X-T1 : Défi relevé

Je n’ai pas encore une longue expérience avec ce nouveau boitier, mais je dois dire que pour le moment j’en suis pleinement satisfait. Une qualité d’image qui n’a rien à envier au D4 pour un encombrement et un poids nettement moindres. J’ose maintenant emmener le X-T1 avec moi régulièrement alors que j’avais perdu l’envie de trimbaler le D4 et son énorme sac à dos pour une simple balade. Je retrouve le plaisir de la photo au quotidien et rien que pour ça, je suis conquis.

Reste plus qu’à retourner en Islande pour conclure le test …

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